Puis parler, parler, parler. Parler de choses et d’autres, parler pour dépoussiérer ces liens entre nous.

Parler pour ne pas finir comme des inconnus.

 

 

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Promesse.

n.f. (lat.promissa, choses promises) Assurance donnée à quelqu’un d’accomplir ce à quoi on s’est engagé envers lui.

Faire une promesse. Tenir sa promesse.

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On en a faites. On en a tous faites. Des tonnes et des tonnes, même. Certains font des promesses en l’air, comme pour rire, même si ça fait pleurer. Certains leur accordent autant de valeur qu’à la prunelle de leurs yeux quitte à y laisser un peu de leur peau. D’autres promettent l’impossible en étant certain d’y arriver, et d’autres encore ne promettent presque rien, ne s’aimant pas assez pour envisager un jour d’y arriver. Certains promettent des tas de petits riens quand d’autres ne promettent qu’un gigantesque tout. Mais, finalement, on promet tous. On promet aux autres, on promet à soi-même. On promet à propos du passé, du présent, de l’avenir. On promet bien ou mal. On promet haut et fort ou dans un murmure. On promet tôt ou tard, trop tôt ou trop tard. On promet de dire la vérité ou de garder le secret, on promet d’être sage ou de se lâcher, on promet d’arrêter ou de commencer, on promet de ne plus voir ou on promet d’aimer.

On promet sans même s’en rendre compte.

Parfois, on ne tient pas ses promesses. Et parfois, si.

*

 

Picture by Eclats de rêve

 

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On a tous des jours de pluie. Mais cela ne change rien au paysage. Regarde par la fenêtre … Tu vois ce paysage. Il est plongé dans la nuit, demain il sera baigné de lumière. Et puis il y aura l’automne, et la neige, et puis les fleurs s’épanouiront à nouveau, et enfin on retrouvera la chaleur de l’été. Qu’est-ce qui aura changé ? Tout. Rien.

Eh bien, notre paysage intérieur, c’est un peu pareil : il y a des climats changeants, des pressions fluctuantes, des saisons qui se succèdent, des cycles et des rythmes, de la pluie et du beau temps. Il y a une perpétuelle métamorphose, et cependant rien ne change. C’est toujours le même paysage. Tu es toujours toi. Il faut t’accepter pareillement, sous la neige et sous le soleil. (…)

J’ai compris comme ça qu’une personne, c’est un peu comme un paysage. Si vous l’aimez vraiment, vous n’avez pas besoin qu’elle soit tout le temps au beau fixe pour l’aimer.

 

[ From François Garagnon, Jade et les sacrés mystères de la vie ]

Picture by Eclats de rêve ; End of 2008

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Coup de coeur

 

 Empty, but soon ready.

*

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Some kind of secret I will share with you

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Qu’il est étrange de se retrouver plongée dans le passé, le temps de quelques mots, de quelques pages. Par hasard. Alors que c’était tellement loin que l’on ne se souvenait plus. Alors qu’on en avait tourné, des pages. On se retrouve face à face avec nous-mêmes, sans se reconnaître. Et c’est une sensation vraiment très étonnante. D’autant plus que c’est loin, mais que ce n’est en fait pas si loin. Que c’est moi, mais que ce n’est en fait plus vraiment moi. On relit les mots que l’on a écrit, ceux de cette étrangère que l’on était alors. Ces milliards de mots, ces échappatoires quotidiennes indispensables et irrémédiables. Qui ne sont plus ni indispensables ni irrémédiables.

On se demande où l’on trouvait tout ce temps. On se demande comment c’est possible d’écrire autant sur les mêmes choses et les mêmes sentiments. Sans avoir l’impression de se répéter. Peut-être que quand la souffrance semble infinie, l’imagination et les mots le sont aussi. On se demande comment c’était possible, comment on a fait, comment on a survécu, comment on a avancé. Comment on a réussi à oublier, sans vraiment tout à fait oublier. Parce qu’il ne faut pas oublier. On sait que c’est la vie, que c’est la magie du temps qui passe et de la souffrance qui s’efface. Qui ne pouvait que s’effacer, un jour, même si on n’en était pas persuadée. On était même sûre du contraire. On était tellement sûre de tellement de choses. Et de nos doutes, par dessus tout.

On se replonge avec un peu plus de recul dans cet amalgame sans nom et sans fin qui a fini par prendre fin. Quand même. On essaie de se rappeler les tristesses, les lassitudes, les colères, les envies impossibles, les secrets si lourds, les blessures si profondes. On se dit qu’elles ont été nécessaires, sûrement. Évidemment. C’est comme l’effet papillon : sans elles, il n’y aurait pas moi. La moi d’aujourd’hui. Peut-être qu’il y avait un chemin plus facile. Peut-être. Moins douloureux, moins extrême, moins inavouable, moins beaucoup de choses. Mais qu’importe. Il ne faut jamais regretter les chemins que l’on a pris, puisqu’ils nous ont construit (e)(s). Et puis on se rappelle aussi les joies, les rires, l’espoir. Qui sont restés au fond de nous, quelque part.

 

Ca en valait la peine, je crois.

J’en suis sûre.

 

Picture : Window in Prague, by Eclats de rêve

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Sans se défiler.

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 Le temps file. Tellement vite, tellement loin. Comme un nuage qui court dans le vent. Comme un navire qui fuit le port douloureux. Comme un regard dans le métro parisien. Le temps file sans que l’on ne puisse plus rien y faire. Comme lui il y a 8 mois. Comme elle il y en a un peu plus de deux. Comme moi il y a longtemps. Le temps file plus que tout. Comme les bas que l’on accroche, à un scratch ou à un bijou. Comme les souvenirs d’un instant que l’on accroche quelque part dans sa tête. Comme la vie loin de toi que j’accroche aux quais en partant.

Comme un cerf-volant dans la tempête. Comme une étoile filante sans nuit.

Et l’on est si peu, face à ce temps qui file. On a oublié ce qu’on a fait, ce qu’on a dit, ce qu’on a pensé. On a déjà oublié. Et l’on est si peu, quand on se retrouve planté là, sans trop savoir pourquoi. Sans trop savoir pour qui et pour quoi. On est si peu quand on a oublié de s’arrêter. Quand on a mis tout le reste de côté. Parce que le temps file et ne laisse rien derrière lui.

Mais on peut attendre un autre nuage après le beau temps. On peut prendre le navire. On peut soutenir le regard de son voisin, et lui adresser un sourire. On peut même sourire pour rien, dès fois que quelqu’un tomberait dessus. On peut ne plus compter les heures, les jours et les mois. On peut revenir. On peut mettre du vernis sur le nylon, et savourer les instants ordinaires. On peut prendre le train, et faire un signe de la main au temps, parce qu’on file (presque) plus vite que lui.

 

Le temps file et défile, et l’on se sent si peu, parfois. Au lieu de sentir que l’on peut, toujours.Mais moi, maintenant, je le sais.

 

Picture : Bray-Dunes, by Eclats de rêve.

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