Thanks, you.

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Dehors, le ciel est gris.

Mais gris coloré : elle voit du jaune, du bleu, du rose. Quelques éclats de voix, dans la rue, qui s’éloignent. Le bruit des voitures qui accélèrent. Le vent qui plie les arbres. Un bus qui « souffle ». Les premières feuilles qui tombent. Tout est brumeux, derrière sa fenêtre, au delà des frontières de cet espace où elle est enfermée depuis quelques jours. Rien ne l’atteint directement, le temps s’est arrêté, son univers de tous les jours a cessé de tourner. Elle, elle observe, elle contemple, elle imagine. Elle a souffert, crié dans sa main, pleuré, serré les poings, serré sa chemise, plié son corps en deux, torturé ses draps et mordu son oreiller. Elle a somnolé, attendu, angoissé, regardé l’heure tourner, attendu encore, nié, extrapolé, attendu toujours. Étrange sensation que celle de ne plus rien maitriser de son propre corps, que de le laisser nous entrainer vers là où l’on ne veut pas aller. C’est tellement petit, et ça fait si mal. Mais ça y est, tout s’est calmé, elle s’est apaisée.  Elle a retrouvé comment sourire, elle s’est blottie dans ses bras, elle a lu, elle a regardé, beaucoup, elle a même cuisiné. Du fond de ce lit qu’elle ne quitte plus beaucoup, elle regarde par la fenêtre, la pluie qui tombe, les arbres qui se plient, les feuilles qui s’envolent, les gens qui se pressent.

Dehors, tout est gris. Mais elle, elle voit la vie en rose. Inconditionnellement.

*

Picture : Nedon, by Eclatsdereve

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Out of time

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Picture : Marseille, by Eclatsdereve

*

Les photos s’accrochent, les heures cessent de tourner, les noms deviennent des visages. Tout est neuf, même si tout n’est pas reluisant. On retrouve, on découvre, on s’adapte, on se déguise, on observe, on se tait, on raconte. On s’habitue, on essaie plutôt. On court, on monte pour redescendre, et on descend pour remonter. On croise des milliers de visages fermés, on imagine des vies, on imagine des rêves, on imagine des sourires. On part pour revenir, et on revient pour repartir. Les rues prennent les empreintes, les fenêtres se remplissent des regards, les sièges s’imprègnent. Plus tard on entrera, plus tard on s’habituera, on essaiera de ne pas plutôt. On poste déjà, on ne reçoit pas encore. On cherche, on attend, on trouve, on attend toujours. On perd ce temps qu’on a enfin, pour le plaisir, parce qu’il filera bien assez vite. On questionne, on attend, on affirme, on attend. Tant de choses à faire, tant de choses à ne pas faire. On est à peine arrivé qu’on pense déjà à partir, on ne connait pas encore qu’on veut déjà redécouvrir. Mais sur la forme comme sur le fond, il y a toujours le sourire.

 

Et le temps, et l’envie, et le goût d’écrire reviennent peu à peu.

 

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Rentré(e)

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Trouver l’inspiration. Malgré l’odeur de frites et la musique abrutissante. Se souvenir de cette petite phrase lancée au coin d’une conversation : “On n’écrit bien que lorsqu’on va mal”. Peut-être que c’est vrai. Je l’ai pensé longtemps. Et malgré tout, on continue à croire, à espérer même, que le beau peut découler du bonheur.

Peut-être que le problème, c’est que ce bonheur ne se dit pas. Il se vit, il se goûte, il s’écoute, il se sent, il se ressent, il se regarde dans les yeux des autres, dans les yeux de l’autre.

Ou alors il se dit en quelques mots à peine. Je l’aime.

Et c’est ça, en fait, juste ça. Je pourrais, encore et toujours, dire les mots, les rires, les regards, les voyages, les photos, les sourires, le soleil et la pluie, l’issy et l’ailleurs, les jours et les nuits. Et pourtant, il n’y a qu’une chose qui compte, c’est cet amour qui me dévore. Qui nous dévore, j’ose croire.

            C’est cette flamme dans ses yeux, cette douceur dans chacun de ses gestes, ces compréhensions tacites, ces envies illicites. Ce sont les pleurs qui sèchent si vite, ce sont ces sourires qui se gravent partout, ce sont ces moments hors du temps et ces jours qui filent comme des secondes.

            Sous les contraintes familiales, sous le soleil de Marseille, sous la pluie de Nédon, sous les toits d’Issy.

            Sur les ponts de Prague, sur un lit d’hôpital, sur les routes d’Europe.

            Partout et n’importe quand.

            Mais tous ces mots sont si faibles, je crois, quand on peut dire, simplement, je l’aime.

 

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Ca, et le reste.

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Démons de l’enfance. Douleurs du passé. Ca lance du fond du corps. C’était loin. Loin derrière. C’était bien. Et tout à coup, ça revient. Quand on s’y attend le moins. Comme un nuage noir dans un ciel d’été. Et l’on ne peut retenir le flot des larmes qui apaisent, un peu, même si ça n’efface rien.

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Pas de nouvelles, bonnes nouvelles

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*

C’est un peu comme si tout avait basculé. Mais en fait, tout avait déjà basculé. Avant. Peu à peu.

Depuis la première minute de la première heure du premier jour de l’année. Depuis toutes celles qui ont suivi.

Après chaque mot de chaque ligne de chaque copie. Après chaque ‘L’épreuve est terminée, veuillez poser vos stylos’ . Après chaque ‘ Au revoir, mademoiselle’. Après chaque retour, après chaque date, après chaque liste. Que le nom apparaisse ou n’apparaisse pas.

Depuis toi. Surtout depuis toi. Tes mots, tes regards, ta présence, toujours. Depuis ta main dans la mienne, depuis le goût de tes lèvres, depuis notre avenir, depuis nous.

Alors je ne sais pas trop si on peut vraiment dire que ça a basculé. C’est juste une succession de petits riens, de nouveautés, de seuils, d’évolutions. C’est juste une suite.

La suite de mon passé. Les instants de mon présent. Une direction pour l’à venir.

 

Et qu’est-ce que ça me plait.

 

Pix by Eclats de rêve

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Cloudy happy sky.

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*

I think. I thought.

Sun died. Shade lied.

 

I thought. I think.

Shade faded. Light might.

 Is. Will.

 

There’s now and then. There’s you and me. There’s you and us.

Whatever we feel, whatever you think.

 

And memories appear and disappear. One by one. Thousands and thousands.

Who could have thought ? Who could have felt ?

 

 

Too soon. Too late. And yet.

This is the end, and just the beginning.

 

 

 

 

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