Out of time
Picture : Marseille, by Eclatsdereve
Les photos s’accrochent, les heures cessent de tourner, les noms deviennent des visages. Tout est neuf, même si tout n’est pas reluisant. On retrouve, on découvre, on s’adapte, on se déguise, on observe, on se tait, on raconte. On s’habitue, on essaie plutôt. On court, on monte pour redescendre, et on descend pour remonter. On croise des milliers de visages fermés, on imagine des vies, on imagine des rêves, on imagine des sourires. On part pour revenir, et on revient pour repartir. Les rues prennent les empreintes, les fenêtres se remplissent des regards, les sièges s’imprègnent. Plus tard on entrera, plus tard on s’habituera, on essaiera de ne pas plutôt. On poste déjà, on ne reçoit pas encore. On cherche, on attend, on trouve, on attend toujours. On perd ce temps qu’on a enfin, pour le plaisir, parce qu’il filera bien assez vite. On questionne, on attend, on affirme, on attend. Tant de choses à faire, tant de choses à ne pas faire. On est à peine arrivé qu’on pense déjà à partir, on ne connait pas encore qu’on veut déjà redécouvrir. Mais sur la forme comme sur le fond, il y a toujours le sourire.
Et le temps, et l’envie, et le goût d’écrire reviennent peu à peu.
“On perd ce temps qu’on a enfin, pour le plaisir, parce qu’il filera bien assez vite.”
Si tu as un peu trop de temps à perdre, j’en veux bien un petit bout