“Je me contenterai de te regarder… “

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Le sourire qui s’étrangle dans la gorge et veut dégouliner sur les joues. Le thé au citron a refroidi dans le micro-onde. Les doigts ont gelé, petit à petit, et s’accrochent aux touches comme les stalagmites aux sols des cavernes. Il fait noir. Pourtant le soleil était encore là, il y a quelques minutes. Pas dans le ciel, ça non, on ne l’y attend plus, mais quelque part dans l’air autour d’elle, quelque part au fond de son sourire. Les souris ont ri, les chats ont chassé, et le soleil s’est enfui à tire d’ailes. Vers d’autres ciels. Elle aurait dû s’arrêter avant l’automne. Avant les arbres multicolores et les voyages, avant les morceaux de vent et l’inconnu, avant la glace dans le miroir et les touchés-coulés dans le noir. Cet automne dont elle est l’une des innombrables contradictions. Mais elle n’a pas pû, elle aime l’automne et ses mystères, elle aime le froid et les frissons qui se promènent dans son dos, elle aime la chaleur des mots et de la couleur des feuilles qui tourbillonent dans le vent, elle aime tout ce qui est beau, et c’était beau. Alors elle a laissé le sourire s’étrangler, le corps déjà bleu se geler, la confiance en l’avenir s’échapper. Ca ne durera pas, il suffit qu’elle se concentre dans sa tête pour que le sourire revienne déjà. Se réfugier dans ses instants volés. Ces milliers de millièmes de secondes de bonheur. Oui, ils sont au fond d’elle. Ne plus l’oublier.

Missing.

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