Hometown.
La musique emplit la pièce, se reflète dans les miroirs, élance les gestes. On monte et l’on redescend les escaliers, encore et encore, on parcourt les couloirs, inlassablement, et le sourire se balance au rythme des pas, dans le coeur, au bord des lèvres. Les muscles se détendent, les joues rosissent, les gestes se font amples et gracieux. Les regards vous suivent, vous scrutent, vous sourient avec malice et gentillesse. Avec tendresse. Plié, jeté, relevé. Et l’on recommence. Les yeux se lèvent, suivent la trajectoire des plumes dans le vide, vers le ciel. Le temps a coulé, et rien n’a changé. Les yeux se lèvent, suivent le tracé d’un bras qui se courbe, les bouts des doigts vers le ciel. Déliés.C’est comme si le désir n’était plus le regret d’une constellation perdue, mais la beauté d’une authenticité retrouvée. Enfin. Les yeux se lèvent, se croisent, suivent un visage où nait un sourire, comme une nouvelle étoile dans le ciel. La musique emplit le corps, balaie les efforts, apaise encore et encore. Projets, idées, envies. Tout est si beau avec un soupçon d’espoir au fond des yeux. Grand écart. C’est comme si le temps s’était arrêté, et que l’on n’avait jamais quitté. Le corps est tendu et le bonheur présent, même dans les reflets. Les larmes du passé ont disparu dans une tasse de thé. Et l’on retrouve les mêmes gestes, les mêmes sensations, le même sourire et cette même étrange sérénité. Quoi qu’il arrive. Parce que si le temps, immanquablement, passe, rien n’altère tout cela.
En fin de compte, c’est peut être que c’est l’essentiel.