Happiness exists only when shared

 

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J’ai l’impression que ça fait si longtemps. Peut-être que non, finalement, je n’ai pas vérifié, je n’ai pas le courage d’égrainer les pages de mon passé , même si proche, et leurs centaines de mots futiles.

Vous savez ce que je vois, ce dont je me souviens, ce que j’imagine. Vous savez ce que j’écoute et ce que je photographie. Vous savez quand je sors, quand je marche dans Paris la nuit et quand je prends le train. Vous savez quand je me perds et quand je retrouve. Vous savez quand les lapsus, quand les rêves, quand la mélancolie.

Mais vous ne me savez pas. Vous ne me savez plus. Parce que je ne me suis plus écrite depuis si longtemps. Je n’ai plus pris le temps de vous dire les questions et les doutes, les cheminements, les envies, les idées. Tout ce fourmillement qui ne se base sur aucun des cinq sens et qui remue au fond de l’âme en permanence. Tout ce qui se pense plus que ne se vit. Et ce n’était peut-être pas une si mauvaise idée que ça, à la réflexion. Mais aujourd’hui devient particulier. Novembre se termine, après tout, et ce n’est pas rien. Aujourd’hui, il faut. Cela remue trop. Aujourd’hui, sûrement demain, et encore après. Parce que le besoin de dire, même si peu, même si vous ne le voyez pas, même si vous ne comprenez pas, est là.

Ne vous attendez pas à de grandes révélations, j’en ai déjà dit en quelques lignes beaucoup plus que vous ne le pensez et que vous ne le verrez. Tout commence avec quelques mots au détour d’une page. Etre quelqu’un, c’est flotter entre soi et les autres. Et puis tout cet amas de pensées retenues, d’états d’âme refoulés, de réflexions silencieuses, de question muettes, de décisions invisibles, apparaît soudain dans le rayon de lumière d’un projecteur. C’est le moment. Silence, lumière, mon for intérieur entre en scène. Parce que nous avons tous les mêmes mots et qu’ils veulent dire tant de choses différentes.

Que serais-je sans toi, qui vint à ma rencontre ? Si peu de chose. Et pourtant, quand je viens te chercher, je te perds, je t’échappe, et nous nous ratons.

Il ne reste qu’au fond de la tête une rencontre qui n’a pas eu lieu, un domaine des possibles, une contingence, un échec. La note de fond d’une fragrance s’accroche à nous lorsque l’on tourne les talons, un peu trop fort, un peu trop loin. J’ai tant à dire. A te dire. A vous dire. Les mots défilent dans ma tête comme si j’y étais, parce que tout est tellement clair. Et l’évidence me fait sourire quand je devrais pleurer.

Tu me connais. On ne peut fuir éternellement.

C’est fou comme tout se recoupe, comme tout recommence, comme tout se retrouve. La vie n’est qu’un grand cycle, malgré ses chemins de traverse. A croire que le destin existerait presque et que, quelque part, quelqu’un sourit en nous voyant nous dépêtrer comme l’on peut de cette toile d’araignée si joliment travaillée. Oublie si tu le veux, cache-le si tu le peux, on ne ment jamais éternellement. Ni aux autres, si à soi. Surtout pas à soi. Les couleurs et le parfum de l’idéal se conjuguent au futur plus encore qu’au passé.

 

Et il y a tant de pétales de buée qui ne demandent qu’à fleurir dans le froid.

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One Response to “Happiness exists only when shared”

  1. Annick

    “Parce que le besoin de dire, même si peu, même si vous ne le voyez pas, même si vous ne comprenez pas, est là.”

    Je comprends.

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