Farandole

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Les pas courent dans un Paris qui défile. L’ombre n’a plus le temps de souffler. Peut-être même s’est-elle fait semer. Qu’importe, après tout. Qu’importe, d’ailleurs. Quand les yeux s’ouvrent de nouveau, au bout du quai, ils sont là, eux. Solides et souriants.Chahuteurs et si attachants. Et soudainement, j’ai l’impression de revivre à travers leurs yeux. Et soudainement, j’ai l’impression d’exister à nouveau. Alors qu’importe, malgré tout. Alors qu’importe, d’ailleurs. Parce que les coussins volent vers le coin de la pièce où je me suis réfugiée, parce qu’on veut mon avis sur la page 100, parce qu’on me dédicace une chanson * . Parce que j’ai presque l’impression d”être désirée, telle quelle, et quels que soient. Parce que j’ai ma place, même si elle a du passer par Tchernobyl. Parce qu’on me réclame un bisou tout doux avant de s’endormir, et que la joue chatouille. Alors qu’importe, après tout. Alors qu’importe, d’ailleurs. Le regard du bout de chou n’a pas changé, on ne peut se mentir à soi-même quand on a deux ans. Et leur attention a comblé tous les silences du monde. Alors qu’importe, après tout. Alors qu’importe, d’ailleurs : On s’est occupé de moi.

 

 

Les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais.

Et je suis la dame de coeur.

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