Désastre intime.

- Après cela ( je commence, je commence toujours, mais c’est aussi toujours une suite), après cela j’avais essayé de quitter ma vie. Elle s’était en réalité déjà séparée de moi, comme une maison rejette ses habitants à l’occasion d’un tremblement de terre. Bien sûr aucune maison ni cette vie ne m’avait appartenu. Cependant je restais pris sous les décombres. Il y avait dans cet écrasement encore de la protection et de la chaleur. J’aurais dû me tenir tranquille. Des évènements plus sourds se réparaient dehors. Insensiblement le temps s’était remis en marche dans sa poussière. Moi j’imaginais sans bouger un grand bond par dessus ce désastre, ma disparition d’un seul coup sur les rails où fonce une seule étoie déchiquetée. Mais tout s’accomplit à son heure, on décide peu. [Jacques Réda]

* 

Le bout du rouleau. L’écume de la vague qui s’écorche et se brise. Qui s’écrase sans un bruit le long de ces berges dépeuplées. Vides. Parce que la vague est sans but, qu’elle recommence éternellement et qu’elle en a le tournis. La nausée. Parce qu’elle rejette sur le sable, loin, très loin, tous ces beaux coquillages qui la rendaient vivante et colorée. Elle ne garde que le gris et le sel qui perle sur ses multiples visages. Oubliés. Invisibles.

***

Et la vague qui se reforme de nouveau, tout en haut de ces sept étages, là où l’on remplace les moutons par des pompons qui se perdent, là où le chocolat reprend de sa saveur, là où le sourire ne s’éteint plus, là où les odeurs vous chatouillent les narines et la douceur les états d’âme. Cet endroit où s’échouer quand rien ne va plus  aussi bien que quand tout va pour le mieux. Un îlot de présence perdu dans la tempête. Irremplaçable. Inestimable.

 

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One Response to “Désastre intime.”

  1. Jon

    Très bon goûts musicaux en ce moment ;-)

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