Au pied du mur.
Les sentiments s’entremêlent inexplicablement. L’air printanier devient lourd et les envies s’emballent autant qu’elles lassent. Avoir envie, toujours avoir envie, et ne jamais parvenir. Ne jamais y parvenir. Le soleil a beau jeu de réveiller les couleurs, c’est le noir et blanc qui demeure, qui hypnotise et ensorcèle. Toujours. C’est le seul qui reste quand l’arc en ciel des souvenirs se fait évanescent. Incandescence, indécence ? Les oiseaux revenus s’envolent, les lassitudes faussement disparues dévorent. Seul, le sourire greffé quelque part là-haut continue la lutte, inlassablement, inexorablement, jusqu’au dernier soupir, jusqu’au premier espoir. Tout arrive, et pourtant un unique désir en découle : celui de fuir plutôt que de cope with. Tout est trop, et rien n’est encore assez. Mais trop pour n’être rien serait-ce assez pour être quelque chose ? Vous avez déjà lu ces mots, je les ai déjà affirmés, écrits, pensés, pesés, effacés, réécrits et dépassés. Et j’y reviens encore. Parce cela surgit et repart comme la vague sur le sable, comme la lumière entre deux ombres, comme le sommeil envahi par les rêves, comme tout le reste, finalement, sans laisser de traces qu’un sillon éphémère que fait disparaître le soleil hésitant. Et rien n’y fait, la volonté s’étiole comme mes rêves de petite fille, en attendant cette fin qui sera renouveau, à jamais. J’aimerais et j’attends, et j’abandonne, et je recommence. Rien n’a changé, rien n’a survécu, et je ne sais plus tellement je pars la destination d’arrivée. Instant suspendu depuis trop longtemps. Trop, trop, trop.
Picture : Me, by Xavier