Papier glacé
(…) J’ai rêvé d’être à ton côté ce fugitif harmonieux, à la personne à peine indiquée, au bénéfice provenant de route triste et d’angélique. Nul n’ose le retarder.
Le jour s’est soudain resserré. Perdant tous les morts que j’aimais, je congédie ce chien la rose, dernier vivant, distrait été.
Je suis l’exclu et le comblé. Achevez-moi, beauté planeuse, ivres paupières mal fermées. Chaque plaie met à la fenêtre ses yeux de phénix éveillé. (…)
[R.Char]
Imaginer et percevoir se mêlent étroitement. L’esprit imagine dès qu’il perçoit, et ensuite imagine qu’il perçoit et perçoit ce qu’il imagine. Plus rien n’a d’importance qu’une mélodie qui hante dès le réveil et qu’un silence qui dilue les journées. Le ciel n’est plus si jaune, le soleil n’est plus si bleu, et l’étoile nue s’est perdue sous la pluie. Qui suis-je, où vais-je, que fais-je ? Encore une fois les questions chatouillent et font des noeuds au fond du ventre. A longueur de temps. Tu m’avais dit que j’y arriverais, pourtant, et j’avais presque cru. Mais la lucidité imaginative dévore peu à peu l’espoir d’un soir, ne laissant qu’un goût sucré-salé sur une langue parsemée d’éclats de noisette et d’éclats de glace de ton sourire lointain.
Le sourire s’emmêle, les yeux se défont, les cheveux s’embrument. Les joues bleuissent des nuits blanches, les mains bleuissent sous l’avalanche, les veines bleuissent sous les coups d’un coeur qui flanche.
Provare di riprendersi il tempo. Mica effeti, e sono sempre appena superstita . E a te che ti frega ?
Léa, j’adore que tu habites sous les toits, les photos sont vraiment magnifiques. Si seulement je pouvais te rendre ton sourire